Patrimoine de Saint-Martin-d'Arc

L’église de Saint-Martin-d’Arc

Détruite par les débordements de l’Arc à proximité duquel elle devait se trouver, l’église a été ensuite reconstruite sur la hauteur, à l’emplacement de l’église actuelle.

Placée sous le vocable de Saint-Martin évêque, elle est alors à deux nefs voûtées dont l’une est plus grande que l’autre. Son maître-autel est garni d’un tableau et d’un retable doré à six colonnes.

En 1700, trois autels sont mentionnés :

La chapelle Saint-Pierre et Saint-Clair

Située dans la grande nef du côté de l’évangile, elle avait été déjà interdite car en mauvais état en 1677. Elle a semble-t-il été fondée et érigée par les seigneurs de la Val d’Isère de Saint-Michel sans qu’aucun acte d’érection ou de fondation n’ait été retrouvé. Il y a cependant une reconnaissance passée par Antoine Dupont veuve de Jean Balthazard de Mareschal de Duin de la Val d’Isère de Saint-Michel en qualité d’administratrice de Philibert de Mareschal de Duin leur fils, du 30 décembre 1622, par laquelle elle reconnaît et promet payer au révérend curé de la paroisse sept florins pour les légats faits par les nobles Martin d’Outre Arch et Paquelet du Mollard, sous réserve qu’il célèbre tous les ans vingt-quatre messes dans la dite chapelle et dans l’église et fasse les absoutes pour les défunts tous les dimanches sur leur tombeau. Pour leur payement, neuf seytorées de terre situées sur le Mollard, au Replat sont spécialement hypothéquées. Cet autel n’a pas été rénové par ses fondateurs.

L’autel Saint-Roch 

Son origine remonte à un vœu fait en 1596 par la population pour se garantir de la peste et il est fondé en 1602. Les communiers renouvellent en 1667, le contrat passé par leurs ancêtres. Mais en 1700, il n’existe plus. Il a été démoli car, mal placé, près de la chaire, il gênait. La communauté qui avait fondé cet autel désirait le rétablir à la place de l’autel de la famille Mareschal. C’est ce qui leur est accordé en 1728.

L’autel de Notre-Dame du Rosaire

Situé au-dessous de la petite nef, du côté de l’épître, il possède un tableau et un retable propres.

 

En 1843, monseigneur François-Marie Vibert trouve l’église d’une étendue suffisante pour la population mais irrégulière et trop basse. En 1849, il constate avec plaisir que l’église a été blanchie et décorée avec goût et que le retable de l’autel du Saint-Rosaire a été redoré. En 1854, il suggère la construction d’une troisième nef à droite ainsi qu’une élévation de la nef principale qui feraient une église assez belle, sans exiger de bien grandes dépenses. En 1863, il trouve l’église trop petite pour la population et très humide. La municipalité décide de reconstruire l’église.

L’église actuelle

Faute d’un autre lieu plus propice, le choix de la municipalité se porte sur l’emplacement de celle existant. Le projet de construction est fait par Hector Duverney, architecte à Chambéry et l’adjudication des travaux est confiée à l’entreprise Macchetti et Detomazzi le 22 novembre 1865. Elle est de style néogothique. La bénédiction de la première pierre a lieu le 10 juin 1866, par monseigneur Vibert, évêque de Maurienne. Le 28 mai 1867, mardi des Rogations, a été montée et placée sur sa base la croix de pierre blanche qui domine le frontispice de l’église. Au rapport du maçon qui dirigeait les travaux, la pierre qui la forme et celle qui en fait la base en piédestal, pèsent : la première 300 kilogrammes, la seconde 100 kilos. La dite pierre a été faite à Chambéry. La pierre a été extraite d’une carrière de Seissel (?) (en Savoie).

La réception des travaux a lieu le 20 octobre 1867, en présence d’Hector Duverney, Cyrille Bernard, maire de la commune, Joseph Albrieux et Mathieu Ferrier, membres du conseil municipal. Elle a été consacrée par l’évêque le 28 juin 1869. Le recteur est à ce moment-là le révérend Camille Ginet.

Le chemin de croix est érigé en 1868. Il se trouvait déjà dans l’ancienne église où il avait été placé en 1849.

Les fonts-baptismaux sont en pierre blanche de l’Echaillon. Ils ont été placés en 1868 par MMs Astréoud et Escale négociants à la Mure d’Isère.

La commune étant très endettée, la chaire n’a pu être placée qu’en 1868. Financée par la municipalité et des dons, elle est l’œuvre des frères Gilardi d’Annecy, de même que le maître-autel qui lui devra attendre 1874 pour être installé. Un maître-autel provisoire avait auparavant été exécuté par Louis Dévigne, maître menuisier à Saint-Michel en 1868. La table de communion de style gothique, placée en 1870 est aussi l’œuvre des frères Gilardi, ainsi que le Calvaire, Saint Jean et sainte Marie-Madeleine au pied de la Croix, qui a été érigé en mars 1873 pour la clôture d’une mission.

En 1877, le curé décide de remplacer le plancher hors d’usage par un sol en ciment. L’autel Saint-Roch étant en mauvais état, il fait appel aux frères Gilardi pour le remplacer, mais décide de le placer sous le vocable de Saint-Antoine protecteur du bétail, la peste ne sévissant plus depuis longtemps. Cet autel est béni le 17 janvier 1880. L’autel de Notre-Dame du Rosaire, à colonnes torses, datant de … à quant à lui, été restauré à neuf en 1868.

Le financement de la construction a été une lourde charge pour la commune. Il a été assuré en partie par des coupes de bois dont le montant s’élève à 14 900 francs, soit 40 % de la dépense totale et qui sont réalisées en plusieurs tranches. Le 20 mai 1864, le préfet autorise une coupe de bois extraordinaire de 5 000 francs. L’église est achevée en 1868. En 1870, une autre coupe rapporte 3 800 francs et la commune demande, pour régler le solde, d’effectuer une nouvelle coupe de 5 500 francs.

En 1880, le révérend Jean-Baptiste Dufour, constatant que l’église, si mal orientée était une véritable glacière en hiver, fait construire en dedans de la grande porte un petit vestibule en bois que l’on ferme totalement pendant la mauvaise saison.

En octobre 1926, la maison Bessac de Grenoble effectue à l’église la pose de vitraux de protection avec grillages extérieurs. Au printemps de l’année suivante, la même maison pose définitivement les vitraux neufs actuels, à savoir dans le chœur : le Sacré Cœur, St Joseph et la Sainte Vierge, dans les chapelles, de la grisaille riche, dans la nef, des losanges blancs, enfin, à la façade, la grande rosace représentant saint Martin à cheval partageant son manteau avec un pauvre.

Endommagés en 1944, après le bombardement de Saint-Michel, ils seront restaurés en 1949.

En avril 1930, le curé qui est à ce moment-là le révérend Joseph Buet, fait boiser le chœur en bois de plane.

En avril 1933, la façade est refaite à neuf par l’entreprise Lazier.

                L’éclairage était très rudimentaire. Le curé note qu’en 1925, à son arrivée dans la paroisse, la commune avait installé l’électricité d’une façon très sommaire. En 1938, il a demandé à M. Martinoni, directeur de l’usine du Temple de vouloir bien se charger d’une installation très sérieuse à l’église. C’est son électricien M. Rencurel qui réalisera le travail fait très solidement et très bien organisé avec contrepoids pour les 3 lustres et les 2 lampadaires des chantres.

En 1926, le curé avait installé pour le chauffage de l’église un poêle à sciure qui ne lui donnait pas satisfaction. Il demande à la commune de faire une autre cheminée et de lui fournir un poêle à charbon. Durant l’hiver, les offices religieux se faisaient à la chapelle St-Clair. A cause de l’arrivée de nouvelles familles et par suite de l’augmentation de la population, ce local devenait trop petit. Il fallait envisager autre chose. Le 7 octobre 1958, le Comptoir Charbonnier de sud-est à Lyon fut chargé d’installer le chauffage de l’église par rayons infrarouges. Les deux lustres déjà en mauvais état furent remplacés par des chapiteaux avec plaques radiantes, l’éclairage fut réinstallé sur ces chapiteaux par des tubes éclairants.

Les cloches sont électrifiées en 1961, la toiture est restaurée en 1985 et les façades sont crépies en 1992 et 1993.

La chapelle Saint-Benoît

Le 11 mars 1699, honnête Jean feu Michel Excoffier de Saint Martin d’Arch fait son dernier testament dans lequel, entre autres, il veut et ordonne que soit construite une chapelle au village des Grandes Seignières, au devant de sa maison. Pour son édification, il donne et lègue une pièce de vigne située à Ratoud. Il prie honnête Joseph Ferrier de veiller à l’exécution de ses volontés et lui donne pouvoir de vendre la vigne pour payer les matériaux requis et les maitres qui travailleront à la chapelle que le testateur veut être fondée sous le vocable de saint Jean Evangéliste.

Il veut aussi que dans cette chapelle soient célébrées annuellement et à perpétuité, deux messes par le curé du dit Saint-Martin, la première dans l’octave de saint Jean Evangéliste et la seconde le jour de saint Michel ou dans l’octave et payer pour chacune quinze sols de Savoie. Il affecte et hypothèque pour cela une pièce de vigne aux Champons dont le curé et ses successeurs, à défaut du payement des deux messes, pourront prendre possession.

Il prie l’évêque de permettre la construction de la chapelle.

Lors de sa visite pastorale du 20 août 1700, l’évêque prend note de la requête de Joseph Ferrier concernant la construction de la chapelle et lui en donne l’autorisation.

En 1704, Joseph Ferrier fait savoir qu’il a fait construire la chapelle, qu’elle est en très bon état et qu’on peut y célébrer. Elle est garnie d’habits, d’un petit tableau et d’un crucifix mais il souligne qu’il manque un missel, la pierre sacrée, une chasuble et un calice qu’il promet pourvoir par la suite.

Il implore l’évêque de procéder à la bénédiction de la chapelle, ce que ce dernier accepte le 23 juillet.

Par acte du 3 mai 1734, Claude et Michel Messier fondent une messe le 21 mars, jour de la Saint-Benoît, pour laquelle ils paient une livre.

En 1760, lors de la visite pastorale, le curé signale que la chapelle est en bon état.  Pour les ornements, il n’a qu’une chasuble et un missel, il manque le calice et l’aube avec tous ses assortiments. Jean feu Bertrand Ferrier est tenu de fournir tout ce qui manque.

Il note aussi que la vigne hypothéquée pour le paiement des deux messes annuelles, a été relâchée à la cure mais comme elle ne produit presque rien, personne ne veut l’acenser et il ne croit pas être tenu de célébrer les dites messes.

Le 2 mai 1825, le recteur Matthieu Dupré supplie l’évêque de lui accorder la permission de bénir la chapelle des Grandes Seignères sous le vocable de Saint-Benoît, ainsi que tous les ornements nécessaires, excepté le calice et patène, disant qu’elle a un peu souffert pendant la révolution, que l’on a refait le couvert à neuf, remaillé les fondements et reblanchie en entier, que l’on y a même pillé du gypse dedans. « Ces raisons me paraissent exiger une bénédiction, ajoutez à cela que les soldats français y sont entrés. Quant aux ornements ayant été déposés chez un particulier, un incendie les a tous consumés, aujourd’hui les habitants s’en sont pourvus et désireraient qu’on y célébra la sainte messe un jour des rogations ainsi qu’était l’usage avant

la révolution ». Le recteur prend la liberté de prier l’évêque de lui procurer des reliques de saint Benoît s’il est possible.

En 1855,  la chapelle de Saint-Benoît aux Grandes Seignères est reconstruite de fond en comble par les soins et aux frais de Jean Baptiste Albrieux, habitant du hameau, et bénite dans le courant de septembre par révérend Cyrille Giraud, curé du Pontet à cette époque. Elle possède un capital de 100 f. pour sa maintenance.

 

La chapelle Saint-Joseph aux Ravoires

En 1659, honorable Bertrand, fils de feu Jean Grange, marchand de Valloire, fait construire une chapelle, au lieu dit le Chane, à Saint-Martin-d’Arc, sur un terrain lui appartenant. Elle est érigée sous le vocable de Notre-Sauveur, Notre-Dame, Saint-Joseph, Saint-Pierre et Sainte-Anne. Elle est bénite le 22 septembre, fondée et dotée le 27 octobre de la même année pour la somme de 200 florins et une cense annuelle de 10 florins. Le recteur en est messire Jean-Michel Didier qui est tenu de célébrer une messe tous les premiers vendredis du mois. En 1677, au décès de messire Jean Giraud, curé de la paroisse et recteur de la chapelle, c’est messire Joseph Albrieux, lui aussi curé de la paroisse qui est nommé le 30 janvier pour le remplacer, à la demande de spectable Joseph Grange, avocat au souverain Sénat de Savoye et juge ordinaire de l’évêché de Maurienne.

En 1723, maître François Grange, notaire collégié de St Michel, demande à ce que soit bénite, la chapelle qui était ruinée et qu’il a fait réparer. Elle est à cette époque sous le vocable de Ste-Anne et St-Joseph. A la demande du vicaire général, le révérend Buisson, curé de la paroisse, en fait la description :
je l’ai treuvée rebâtie entièrement a fondamentis et agrandie d’environ quatre pieds de largeur, et proprement voutée avec deux fenêtres ferrées sur le devant de la dite chapelle à chasque côté de la porte qui est sur le grand chemin tendant en Valloire, la dite porte toute neufve, et double et bien ferrée, et fermant à la clef tout le devant de la dite chapelle bien crépy et blanchi et l’autel garny des nappes, tableau avec un cadre tout neuf, crucifix, chandeliers, devant l’autel, marchepied et autres ornements nécessaires et qu’autre cela, le dit sieur Grange par un effet de sa piété a acheté une chasuble de différente couleur et une aube et qu’il est dans le dessein de donner encore à la dite chapelle un calice et un missel et de pourvoir la dite chapelle d’une cloche et tout reste qui sera nécessaire pour y faire célébrer les messes y fondées par ses ancêtres et autres qui pourroient y être fondées par cy après et le tout pour la plus grande gloire de Dieu et pour le salut de son âme fait dans la maison curiale de St Martin sus dit
le 24 apvril 1723. J C Buisson curé attestant

En 1823, c’est honnête Pierre Ferrier, feu Antoine, laboureur, qui est possesseur des biens affectés à la rente et maintenance de la chapelle. Il reconnaît devoir à la Fabrique ecclésiastique de Saint-Martin-d’Arc, à l’acceptation de révérend Matthieu Dupré, recteur de la paroisse, la rente annuelle et perpétuelle de sept livres neuves et vingt centimes, représentant dix florins anciens, selon l’acte de fondation du 27 avril 1723 et payer tous les ans à la Saint-André jusqu’au payement de la somme.

En 1877, une personne pieuse, dont le nom n’a pas été révélé par le révérend Ginet, curé de la paroisse, se propose de faire réparer la chapelle de St-Joseph, se chargeant de tous les frais jugés nécessaires pour une réparation entière et convenable. C’est André Uzeglio qui travaillait alors à la pose du ciment dans l’église, qui réalise les travaux. Cyrille Praz, le seul voisin de la chapelle a pris en charge la façon du marchepied de l’autel et de la porte d’entrée et a construit les petits bancs.

En 1881, son successeur place la nouvelle porte, les serrures et procède au remplacement de la cloche qui était cassée. Elle provient des établissements Paccard d’Annecy-le-Vieux, pèse 10 kilos et est placée par Cyrille Praz.

Le révérend Buet, curé de la paroisse, signale en 1930 que depuis son arrivée, il a fait réparer et remettre presque à neuf toutes les chapelles. Les dépenses faites ont été payées en grande partie par les offrandes faites par les habitants et le reste par les offrandes des troncs. En avril 1933, il a fait réparer à neuf la toiture de la chapelle St-Joseph. Le travail a été fait par Jean-Baptiste Richard et a coûté en chiffres ronds, 300 francs, prélevés sur les avoirs de la dite chapelle.

Les derniers travaux de restauration datent de 1988, par des bénévoles.