En 1843, monseigneur François-Marie Vibert trouve l’église d’une étendue suffisante pour la population mais irrégulière et trop basse. En 1849, il constate avec plaisir que l’église a été blanchie et décorée avec goût et que le retable de l’autel du Saint-Rosaire a été redoré. En 1854, il suggère la construction d’une troisième nef à droite ainsi qu’une élévation de la nef principale qui feraient une église assez belle, sans exiger de bien grandes dépenses. En 1863, il trouve l’église trop petite pour la population et très humide. La municipalité décide de reconstruire l’église.
L’église actuelle
Faute d’un autre lieu plus propice, le choix de la municipalité se porte sur l’emplacement de celle existant. Le projet de construction est fait par Hector Duverney, architecte à Chambéry et l’adjudication des travaux est confiée à l’entreprise Macchetti et Detomazzi le 22 novembre 1865. Elle est de style néogothique. La bénédiction de la première pierre a lieu le 10 juin 1866, par monseigneur Vibert, évêque de Maurienne. Le 28 mai 1867, mardi des Rogations, a été montée et placée sur sa base la croix de pierre blanche qui domine le frontispice de l’église. Au rapport du maçon qui dirigeait les travaux, la pierre qui la forme et celle qui en fait la base en piédestal, pèsent : la première 300 kilogrammes, la seconde 100 kilos. La dite pierre a été faite à Chambéry. La pierre a été extraite d’une carrière de Seissel (?) (en Savoie).
La réception des travaux a lieu le 20 octobre 1867, en présence d’Hector Duverney, Cyrille Bernard, maire de la commune, Joseph Albrieux et Mathieu Ferrier, membres du conseil municipal. Elle a été consacrée par l’évêque le 28 juin 1869. Le recteur est à ce moment-là le révérend Camille Ginet.
Le chemin de croix est érigé en 1868. Il se trouvait déjà dans l’ancienne église où il avait été placé en 1849.
Les fonts-baptismaux sont en pierre blanche de l’Echaillon. Ils ont été placés en 1868 par MMs Astréoud et Escale négociants à la Mure d’Isère.
La commune étant très endettée, la chaire n’a pu être placée qu’en 1868. Financée par la municipalité et des dons, elle est l’œuvre des frères Gilardi d’Annecy, de même que le maître-autel qui lui devra attendre 1874 pour être installé. Un maître-autel provisoire avait auparavant été exécuté par Louis Dévigne, maître menuisier à Saint-Michel en 1868. La table de communion de style gothique, placée en 1870 est aussi l’œuvre des frères Gilardi, ainsi que le Calvaire, Saint Jean et sainte Marie-Madeleine au pied de la Croix, qui a été érigé en mars 1873 pour la clôture d’une mission.
En 1877, le curé décide de remplacer le plancher hors d’usage par un sol en ciment. L’autel Saint-Roch étant en mauvais état, il fait appel aux frères Gilardi pour le remplacer, mais décide de le placer sous le vocable de Saint-Antoine protecteur du bétail, la peste ne sévissant plus depuis longtemps. Cet autel est béni le 17 janvier 1880. L’autel de Notre-Dame du Rosaire, à colonnes torses, datant de … à quant à lui, été restauré à neuf en 1868.
Le financement de la construction a été une lourde charge pour la commune. Il a été assuré en partie par des coupes de bois dont le montant s’élève à 14 900 francs, soit 40 % de la dépense totale et qui sont réalisées en plusieurs tranches. Le 20 mai 1864, le préfet autorise une coupe de bois extraordinaire de 5 000 francs. L’église est achevée en 1868. En 1870, une autre coupe rapporte 3 800 francs et la commune demande, pour régler le solde, d’effectuer une nouvelle coupe de 5 500 francs.
En 1880, le révérend Jean-Baptiste Dufour, constatant que l’église, si mal orientée était une véritable glacière en hiver, fait construire en dedans de la grande porte un petit vestibule en bois que l’on ferme totalement pendant la mauvaise saison.
En octobre 1926, la maison Bessac de Grenoble effectue à l’église la pose de vitraux de protection avec grillages extérieurs. Au printemps de l’année suivante, la même maison pose définitivement les vitraux neufs actuels, à savoir dans le chœur : le Sacré Cœur, St Joseph et la Sainte Vierge, dans les chapelles, de la grisaille riche, dans la nef, des losanges blancs, enfin, à la façade, la grande rosace représentant saint Martin à cheval partageant son manteau avec un pauvre.
Endommagés en 1944, après le bombardement de Saint-Michel, ils seront restaurés en 1949.
En avril 1930, le curé qui est à ce moment-là le révérend Joseph Buet, fait boiser le chœur en bois de plane.
En avril 1933, la façade est refaite à neuf par l’entreprise Lazier.
L’éclairage était très rudimentaire. Le curé note qu’en 1925, à son arrivée dans la paroisse, la commune avait installé l’électricité d’une façon très sommaire. En 1938, il a demandé à M. Martinoni, directeur de l’usine du Temple de vouloir bien se charger d’une installation très sérieuse à l’église. C’est son électricien M. Rencurel qui réalisera le travail fait très solidement et très bien organisé avec contrepoids pour les 3 lustres et les 2 lampadaires des chantres.
En 1926, le curé avait installé pour le chauffage de l’église un poêle à sciure qui ne lui donnait pas satisfaction. Il demande à la commune de faire une autre cheminée et de lui fournir un poêle à charbon. Durant l’hiver, les offices religieux se faisaient à la chapelle St-Clair. A cause de l’arrivée de nouvelles familles et par suite de l’augmentation de la population, ce local devenait trop petit. Il fallait envisager autre chose. Le 7 octobre 1958, le Comptoir Charbonnier de sud-est à Lyon fut chargé d’installer le chauffage de l’église par rayons infrarouges. Les deux lustres déjà en mauvais état furent remplacés par des chapiteaux avec plaques radiantes, l’éclairage fut réinstallé sur ces chapiteaux par des tubes éclairants.
Les cloches sont électrifiées en 1961, la toiture est restaurée en 1985 et les façades sont crépies en 1992 et 1993.